LA BOUCHE DE LA MAISON SACRÉE II

2004 Huile sur bois 89,5 x 60 cm

LA BOUCHE DE LA MAISON SACRÉE II pAr jean pronovost

Cette peinture mystique et surréelle nous emmène jusqu’à un stratovolcan du Guatemala appelé Acatenango. Le titre et le contenu de l’œuvre renvoient ici au monde souterrain de la mythologie maya, connu sous le nom de « Xibalba ». Royaume des morts, il représente les neuf inframondes de cette mythologie. Même si l’on dit que toutes les cavernes mènent à Xibalba, on ne saurait lui attribuer une essence mauvaise ou maléfique : il ne représente qu’un autre passage obligé du cycle de la vie, puisque tout ce qui naît doit mourir. Ce paysage magnifique et serein nous donne donc un petit aperçu de Xibalba et des extraordinaires surprises qu’il recèle.

Juste à l’extérieur de l’entrée de la caverne, un chemin nous mène au pied d’une formation rocheuse. En observant attentivement cette dernière, on remarque que diverses figures y sont discrètement taillées de profil : un crocodile, un jaguar, une tortue, le visage d’un être humain ainsi que celui d’un dieu maya. À mesure que nous laissons notre imagination scruter ces parois afin de repérer ces créatures, notre regard se déplace tout naturellement vers l’entrée de la caverne, qui d’ailleurs nous mystifie et nous exalte tellement elle regorge de lumière et de feuillage dense et verdoyant. Ces éléments créent un contraste vif et rayonnant autour des sombres parois rocheuses qui encadrent l’entrée. On croirait l’intérieur de cette caverne plus tangible que le monde onirique qui se trouve à l’extérieur de cette dernière. Sur la corniche rocheuse qui chapeaute l’entrée de la caverne se trouve un arbre solitaire flanqué de végétation basse. 

Dans le ciel et les nuages, on voit les tons ambrés et écarlates céder à l’azur du crépuscule qui tombe. La lune apparaîtra bientôt là où le soleil aura laissé sa place. On aura évidemment compris que cette transition symbolise le passage de la vie à la mort. Aussi, le paysage que l’on voit à l’horizon a un aspect onirique, comme s’il était bercé par le coucher de soleil. De plus, il est couvert d’un bout à l’autre d’un léger brouillard. Au loin, une montagne s’élève presque jusqu’à toucher les nuages qui ne se sont pas encore dispersés. Paisible et silencieux, ce paysage crée l’impression que le monde est sur le point de plonger dans le sommeil. Ainsi, il n’y a pas lieu de craindre la tombée de la nuit… ni même Xibalba.

artiste peintre quebec
LA BOUCHE DE LA MAISON SACRÉE II - 2004

IMAGES EN VEDETTE

Sculpteur, muraliste, peintre, artiste et spécialiste de l’aérographe.

Montreal, Quebec, Canada